
Notre société vit actuellement de grands bouleversements et « Notre » Beaujolais n'est pas épargné. Pendant longtemps nous entendions parler de crise mais aujourd'hui, il nous faut regarder la réalité en face, nous vivons une véritable mutation. Qui peut dire aujourd'hui de quoi demain sera fait ! L'argent fou, l'argent virtuel, fait vaciller les bases même de l'économie réelle. Que faire dans un tel contexte ? Nous recroqueviller, baisser les bras ou, croire en nos valeurs, croire en notre vignoble, avancer vaille que vaille même au gré de vents incertains.
A cette situation délicate, s'ajoutera prochainement une grande évolution : les communes, les communautés de communes, les départements devraient faire l'objet d'un vaste mouvement de réforme. Aurons-nous encore demain des élus de proximité ? Serons-nous englobés dans un vaste espace urbain ? Ceux qui décident savent-ils que les beaux paysages ruraux ne subsistent qu'à la condition qu'une société s'organise sur ces territoires ? Ici comme ailleurs les habitants doivent pouvoir vivre du fruit de leur labeur...
Dans un tel contexte, la Communauté de Communes de la Région de Beaujeu se doit d'être prudente tout en restant au plus près des préoccupations de ses habitants. Vos élus doivent continuer à renforcer les liens entre les communes pour apporter de meilleurs services et assurer un développement harmonieux. Mais être prudent c'est être conscient que nous avons des ressources limitées par rapport aux nombreuses collectivités voisines, mieux dotées en entreprises et qui, par voie de conséquence, perçoivent une taxe professionnelle beaucoup plus importante !
Voirie, érosion, hydraulique, sont des préoccupations majeures pour les collectivités rurales. Ce sont des secteurs dans lesquels il nous faut investir régulièrement pour éviter les dégradations irrémédiables.
L'environnement et la gestion des déchets représentent également un poids financier de plus en plus important. Nous devons tous ensemble poursuivre nos efforts de tri, respecter les lieux de dépôts, pour contenir les coûts engendrés par une réglementation -nécessaire mais- de plus en plus « budgétivore »…
En matière de développement touristique, nous avons un atout incontestable avec nos magnifiques paysages qui constituent l'un des principaux soutiens de notre économie viticole. Il nous faut cependant garantir sa pérennité en adaptant les constructions, en économisant l'espace. Nous devons préserver cette ressource et faire des choix judicieux en matière d'aménagement du territoire. Là encore la crise viticole est un facteur décisif pour l'avenir.
Dans le contexte actuel, il nous faut également soutenir les autres secteurs de notre économie. Ce pourrait être favoriser l'accueil de nouvelles entreprises mais, nous ne sommes pas les mieux armés en ce domaine ; nous devons donc concentrer nos efforts en soutenant nos commerçants et nos entreprises artisanales existants. Nous envisageons actuellement avec les pouvoirs publics un programme d'aide à l'investissement. Déjà, par le passé, le Programme d'Intérêt Général en faveur de l'habitat a généré de nombreux travaux qui ont bénéficié au secteur local du bâtiment. Notre collectivité a ainsi pu accueillir des nouveaux arrivants renforçant nos cœurs de village. Il nous faut cependant convaincre ces derniers de consommer sur place et les informer des contraintes locales.
La communication se poursuit donc avec le bulletin communautaire mais aussi grâce à notre site internet, un support de plus en plus utilisé que je vous invite à consulter régulièrement.
Les nouveaux habitants et la pluriactivité des ménages engendrent de nouvelles demandes en matière de garde d'enfants. La construction d'un point multi-accueil à Villié Morgon sera le support de structures de proximité, les micro-crèches, réparties sur le territoire.
De nouveaux habitants, de nouveaux arrivants, ce sont des signes du dynamisme de notre territoire. Nous devons rester optimistes. L'histoire du Beaujolais a toujours été perturbée par des moments de récession. Nous ne connaissions que les fluctuations des dernières décennies et nous avons oublié que d'autres événements majeurs ont déjà, par le passé, été source de remise en question. Le phylloxéra, la mévente des vins au début du XXème siècle, sans parler des deux guerres, sont autant d'événements que les générations précédentes ont dû affronter. Elles nous ont laissé une région extraordinaire, nous ferons de même !
Le Président,
Sylvain SOTTON.